Livres jeunesse

Lundi 26 octobre 2009

Alice Winston est une jeune fille de 13 ans, qui vit avec ses parents dans un petit ranch du Colorado. Son père élève des chevaux, sa mère reste tous les jours cloîtrée dans sa chambre ; sa soeur, Nona, ancienne championne d'équitation, s'est mariée et s'est enfuie un jour, laissant tout derrière elle.
Alice n'a que son père à qui parler, ainsi qu'à ses clientes, qui laissent leurs chevaux dans le ranch ; elle n'a pas vraiment d'amis, même à l'école. Mais le jour où le corps de Polly Cain, une de ses camarades de classe, est retrouvé dans le canal, elle s'imagine que cette jeune fille était son amie, sa plus proche amie, celle qui lui confiait tout. En réalité il n'en est rien, mais c'est ce qu'Alice raconte à l'un de ses professeurs, qui, la prenant en pitié, devient alors son confident.
Et pourtant autour d'Alice, il existe des personnes, bien vivantes, qui souhaiteraient réellement nouer une amitié avec elle ; c'est le cas de Sheila, une jeune fille qui prend des cours d'équitation au ranch avec son propre cheval, mais qui malgré ses efforts, ne parvient jamais à remporter un seul concours. Alice se montre hostile envers elle au départ, avant de l'apprécier de plus en plus au fil des jours.

Dès le départ, le personnage principal est donc très introverti, mal dans sa peau même ; Alice sent qu'elle n'est pas à la hauteur de ce que l'on attend d'elle, contrairement à sa soeur Nona, excellente et inégalable cavalière. 
C'est une jeune fille très solitaire, qui ne trouve du réconfort qu'auprès des chevaux et de son professeur, à qui elle ne dit pas toute la vérité, mais qui l'aide à se sentir mieux et à comprendre un peu le monde. Car Alice se pose des tas de questions, réalise des tas de choses qu'elle n'avait jusque là jamais remarquées, et souhaite des réponses ; elle entre dans la période de l'adolescence, son esprit se modifie et sa vision du monde également.

Le lecteur voit ce monde à travers les yeux d'Alice, à travers ses yeux adolescents et attentifs, désireux de connaître. On retombe dans l'adolescence en se mettant à sa place (ou on se reconnaît dans ce personnage, si l'on n'a pas encore quitté cette période), puisque l'auteur présente à merveille cet important passage de la vie.


Le dieux des animaux, d'Aryn Kyle, Gallimard, mars 2009

Par tvless
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Mercredi 10 juin 2009

C'est Emmyne & sa Demoiselle qui m'ont envoyé ce roman, dans le cadre du swap pour ados auquel j'ai participé. A première vue, c'est un livre sombre, assez étrange, et si l'on en croit la quatrième de couverture, plein de magie et de démons. Et c'est effectivement le cas, puisque la sorcellerie est le thème principal de ce roman, également policier.

L'histoire se déroule à New-York, et commence dans un cimetière de voitures, dans lequel un homme espionne et filme deux autres personnes, qui semblent s'adonner à d'étranges rituels sur un mannequin à l'effigie du maire de la ville ; quelques jours plus tard, ce dernier décède, et l'homme qui filmait la scène est également retrouvé sans vie. Mais il semblerait que ces deux-là ne soient pas morts tout à fait naturellement... On fait donc appel au lieutenant Trevor Meredith, qui est plutôt un habitué de ce genre de cas, et à son stagiaire, Bob Single, pour résoudre cette affaire.
Mais leur enquête n'avance pas beaucoup, et ils sollicitent rapidement l'aide d'Ebenezer Graymes, professeur de démonologie à l'université de Columbia et spécialiste des sciences occultes. Celui-ci maîtrisait déjà la télépathie et la psychokinésie (faculté d'agir sur les objets et les êtres vivants par le simple pouvoir de la pensée) quand il était enfant, et sa maîtrise de la magie n'a cessé de s'accroître au fil des années.
Plus d'un rival va tenter de lui mettre des bâtons dans les roues, mais Ebenezer est un habitué ; il éradique blêmes et autres démons presque sans problème, tout en restant mystérieux et classe.


Les sciences occultes, c'est un sujet qui m'intéresse ; il s'agit ici d'un livre jeunesse, mais ce n'est pas pour autant que le thème n'est pas abordé avec sérieux, et consciencieusement. Ebenezer est un expert en la matière, il peut tout aussi bien invoquer que renvoyer des démons de classes différentes facilement (eh oui, c'est pas une mauviette !). C'est un personnage puissant donc, intelligent et malin, qui ne se laisse faire par personne, même pas par des gens apparemment plus puissants encore (tant mieux d'ailleurs).

L'enquête en elle-même n'est pas si palpitante, et même parfois tirée par les cheveux ; cela dit, le tout passe quand même bien, et on prend plaisir à lire ce roman malheureusement un peu court...

Et je suis en tout cas pressée de lire la suite !

L'avis de
Clarabel

Chasseur noir de Michel Honaker, Tribal Flammarion, 250 pages, 2008

Par tvless
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Vendredi 8 mai 2009

C'est Clarabel qui me l'a gentiment envoyé, sur demande de Ys ; merci donc pour le prêt qui m'a fait beaucoup plaisir !
Un petit résumé d'abord :
L'histoire se passe de nos jours, au Japon, dans la région de Kamikuré. Jigoro est étudiant, et pratique assidûment le judo (tiens donc... ça me rappelle quelqu'un  ^_^) ; il projette d'ailleurs, avec son oncle Isao qui est aussi son tuteur depuis la mort de ses parents, d'ouvrir son propre dojo. Ce sport, c'est sa passion, et rien ne pourrait le forcer à arrêter ; pas même sa cécité. Car Jigoro est aveugle, depuis l'accident qui a coûté la vie à ses parents, trois ans auparavant.
Un jour, Jigoro apprend une terrible nouvelle : son oncle Isao a été agressé en pleine rue, et a survécu in extremis. Il se rend donc le plus vite possible à l'hôpital, mais son oncle, lui, ne souhaite pas y rester une minute de plus : il a trop peur que son agresseur le retrouve et le tue pour de bon. Jigoro, avec l'aide d'Ochika, une jeune étudiante secrètement amoureuse de lui, accepte donc de cacher Isao et de mener une enquête. Plusieurs pistes se présentent, mais Jigoro est minutieux, et ne veut pas accuser quelqu'un à tort ; de son côté, la police suspecte fortement "le tueur en série d'Hara-Ga". Ce dernier a commis plusieurs meurtres dans le quartier d'Hara-Ga, où se trouvait Isao lors de son agression ; mais Jigoro a des doutes...


Le roman est raconté de deux points de vue différents : celui de Jigoro et celui d'Ochika, qui accepte de l'aider pour se rapprocher de lui. Ce sont deux jeunes gens intéressants et intelligents, surtout la jeune Ochika qui tente désespérément d'intéresser l'élu de son coeur, qui lui n'a pas l'habitude d'avoir des amis. Pour elle, la cécité de Jigoro n'est pas un problème ; bien au contraire, elle peut ainsi le regarder à loisir.
L'enquête menée avance plutôt rapidement (je m'y attendais un peu, vu l'épaisseur du livre...) et efficacement ; mais ça va trop vite parfois, et certaines situations sont assez peu crédibles (l'histoire du parfum par exemple, beaucoup trop simple...). C'est un livre jeunesse, donc inutile de tomber dans le compliqué, c'est vrai ; mais l'enquête aurait mérité d'être encore approfondie. 
Les notions culturelles sont bien maîtrisées, et on en apprend un peu sur les traditions japonaises, ce qui me ravit toujours.

Un bon petit roman donc, dans lequel on se plonge facilement et qui se lit très rapidement. C'est bien mené et sans prétention, idéal pour se détendre !


Le sabre sacré, de Yves-Marie Clément, éditions du Seuil, collection karactère(s), 138 pages, avril 2009

Par tvless
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Samedi 2 mai 2009

C'est Emmyne qui me l'a très gentiment offert (inutile de dire que j'étais absolument ravie) ; j'aurais dû en parler avant, puisque j'avais déjà lu Le maître des dragons, la suite. Je les ai donc lus dans le mauvais ordre, mais ce n'est pas tellement grave et ça ne pose aucun problème de compréhension.

J'ai retrouvé avec grand plaisir Mary Wickford, et plus tard Thomas Goodwill tout au long de leurs aventures trépidantes. Dans Le maître des dragons, on avait affaire à un pirate prêt à tout pour sauver Dorchester, son maître, jeté en prison par l'Empereur pour hérésie ; il s'agissait d'un héros (trop) téméraire, à forte personnalité et ambitieux. Dans La malédiction d'Old Haven, l'héroïne, Mary, est la descendante d'une puissante famille de sorcières, au passé terrible et pourtant passionnant ; lorqu'elle l'apprend, la jeune fille comprend alors que tout va changer pour elle.

L'histoire commence en 1723, à l'orphelinat de la Sainte Charité dans lequel Mary a été recueillie étant bébé, juste avant son départ pour Boston. A 17 ans, elle est désormais en âge de mener sa propre vie ; en chemin, elle tombe pourtant sous le charme du paisible village d'Old Haven et décide de s'y installer. Elle semble reconnaître certains endroits, comme si elle y était déjà venue auparavant ; en vérité, c'est ici qu'avait été brûlée vive sa propre grand-mère, Lisbeth. C'est ce qu'elle découvre en trouvant presque par hasard de vieux cahiers ayant appartenu à son ancêtre, dans lesquels elle raconte sa vie juste avant sa mort terrible.
Mary décide alors de mener une enquête : elle interroge les villageois sur le passé de ce village, se rend même jusqu'à l'asile de Salem, où elle espère trouver des réponses sur un mystérieux tableau que lui a remis la mère supérieure de l'orphelinat.

Plus tard, alors qu'elle se sait recherchée par l'Empereur, elle rejoindra la Fraternité d'York, composée de puissants sorciers qui lui permettront de révéler et développer ses talents de magicienne ; parmi eux se trouve d'ailleurs l'ancien amant de Lisbeth Wickford, Rip Van Winkle... 


J'ai adoré, contrairement à ce que j'avais imaginé, retrouver les passages communs aux deux livres ; à partir du moment où Mary et Thomas se croisent, forcément, il y a des similitudes, des dialogues déjà lus. Mais j'ai beaucoup aimé me rappeler ce qui se passait à tel moment, ce que l'un des deux disait à l'autre, etc... Bien sûr, on sait comment l'histoire se termine, mais on vibre pourtant de la même façon qu'avec Thomas et sa troupe de pirates. En ce qui concerne les personnages justement, j'ai trouvé que Mary était un personnage assez classique (intelligente, belle, un caractère fort et des talents immenses) ; malgré cela, j'ai aimé suivre cette héroïne courageuse et qui sait ce qu'elle veut (comme ça au moins, l'histoire ne traîne pas).

Enfin, j'ai trouvé bienvenue la richesse historique du livre (le procès de Salem a bien sûr été évoqué, et comme c'est un passage de l'Histoire qui m'intéresse beaucoup, j'ai été comblée) ; mais l'auteur parvient en plus à glisser des références littéraires dans son roman. Lovecraft par exemple, puisque le Necronomicon, Arkham ou encore Cthulhu sont mentionnés.

J'ai donc été absolument ravie par ce second tome (enfin, ce premier), qui m'a fait passer d'agréables moments et m'a plongée tout droit dans un univers fantastique et riche, de ceux qui permettent de s'évader quelques instants... 


La malédiction d'Old Haven de Fabrice Colin, Albin Michel, Collection Wiz, 2007, 635 pages

Par tvless
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Dimanche 22 mars 2009

 Je n'ai pas envie de révéler ce qui se passe exactement dans ce livre, car un mystère l'entoure, de plus en plus épais au fur et à mesure que le lecteur avance. Le résumé que je vais en faire sera donc assez bref, car j'aimerais vraiment, pour ceux qui le liront, que vous découvriez l'histoire seuls.

Nous avons un personnage principal, héros au point de vue interne, qui fréquente le lycée Gymnasium. Est-ce un garçon ou une fille ? Un ange peut-être, solitaire, amoureux de la Grèce Antique et de la langue grecque, sa matière préférée. Une passion étrange, à laquelle cet "ange" consacre son temps, notamment en lisant son livre fétiche à la bibliothèque de l'école : Amours des dieux et des héros.

Et puis un jour, voilà que quelqu'un se met lui aussi à lire l'ouvrage, car celui-ci disparaît parfois des rayonnages. Qui a bien pu oser le lire, et surtout laisser des traces de crayon et des miettes dedans ? C'est ainsi que le héros (ou héroïne) fait la connaissance de Tadeusz, fils d'immigrés polonais, joueur de l'équipe de foot du lycée et excellent élève. Plutôt distant lui aussi, et bizarre.  

Mais malgré cela, une étrange relation va naître entre les deux...


C'est un livre qui se lit très vite (seulement 127 pages), ce qui permet de ne jamais perdre le fil de l'histoire. D'ailleurs, le lecteur est obligé de rester accroché, s'il veut tout comprendre et obtenir enfin des réponses ; car tout n'est pas dit explicitement, et même si on comprend, évidemment, mieux vaut être plongé dedans.
Même si on voit à travers le regard du personnage principal, celui-ci reste enveloppé de mystères ; il s'agit en fait de faits rapportés, puisque le narrateur nous raconte ici un épisode de son adolescence : nous sommes donc projetés dans ses souvenirs.
D'autre part, l'auteur parvient à désorienter le lecteur, qui ressort troublé, et ému. Ne pas savoir si c'est une femme ou un homme qui raconte est déconcertant, et c'est justement cela qui est fort.
Le mystère finit toutefois par être éclairci, et personnellement cette clarification m'a étonné (j'étais persuadée que c'était le contraire !).

Je recommande chaudement ce roman, rapide à lire et très réussi.

L'avis de
Clarabel.

L'âge d'ange d'Anne Percin, L'école des loisirs, 2008, 127 pages


 

Par tvless
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Vendredi 27 février 2009

 Après avoir accepté d'accueillir un correspondant français chez elle, Jess, une ado anglaise, angoisse jour et nuit. Elle doit lui écrire une lettre, dans laquelle elle se présente, et y joindre une photo ; problème : Jess se trouve affreuse, et elle veut absolument séduire son français, qu'elle imagine déjà comme un tombeur aux "yeux noirs et aux lèvres boudeuses". 
Heureusement, Fred, son meilleur ami, lui sauve la vie en retouchant une de ses photos ; évidemment, ce n'est pas très honnête, mais Jess veut à tout prix qu'Edouard tombe sous son charme. D'ailleurs, la photo qu'elle reçoit de ce dernier la comble de bonheur : il est exactement comme elle le pensait ! Mais d'un autre côté, avoir retouché sa photo la dérange ; que va dire Edouard quand il la verra ? Va t-il être déçu et ne pas lui adresser la parole pendant les deux semaines que dure l'échange ?

La jeune fille se torture l'esprit, mais elle est bien loin de s'imaginer tout ce qui va se passer durant ce séjour...

Je ne lis pas souvent ce genre de livre, dans lequel on suit un ou plusieurs personnages qui ont des problèmes sentimentaux, qui ne se sentent pas bien dans leur peau... En général, je m'attends à du gnangnan. Là par contre, même avant d'ouvrir le livre, je n'imaginais pas une héroïne pleurnicharde, toujours à se lamenter sur son sort ; je voyais plutôt un roman drôle, avec des personnages plein d'humour, et c'est le cas.

Jess est une héroïne sympa, avec quelques problèmes d'ado bien sûr, mais tout de même rigolote et intelligente ; elle adore trouver des reparties assez cinglantes, qu'elle tourne de façon amusante. Son ami, Fred, est également pas mal dans le genre : j'ai beaucoup aimé le petit jeu, inventé par Jess pour régler un problème, qui consistait à faire croire aux autres que Fred et elle étaient ensemble. En fait, il finit par se prêter au jeu malgré ses réticences premières, et devient un petit ami "sérieux" mais ne pouvant s'empêcher de faire rire la galerie ; en tout cas, moi il m'a fait rire ^_^ .
Les autres personnages (les deux amies de Jess, ainsi que les correspondants français) sont eux moins intéressants, plus classiques, mais c'est un aspect sans doute choisi par l'auteur pour faire ressortir les deux autres, qui ont un caractère assez fort.

En conclusion, un livre à lire si vous aimez "l'humour ado", ou si vous cherchez un roman sympa à lire rapidement (ça se lit facilement en une journée).

15 ans, Welcome to England de Sue Limb, Editions Gallimard Jeunesse, 2008, 293 pages

Par tvless
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Samedi 7 février 2009

 Made in Japan est un recueil de 22 nouvelles, chacune correspondant à une lettre de l'alphabet (les lettres absentes sont L, Q, V et X, qui n'existent pas en japonais). A chaque lettre correspond un mot, révélé à la fin de l'histoire, qui est le thème de celle-ci (par exemple, la lettre N correspond au mot Ninja, qui est donc le thème de la nouvelle). Beaucoup de sujets sont abordés : les traditions bien sûr, mais aussi la nourriture, la peinture, les arts martiaux...
Le passé historique du pays, largement développé et expliqué, permet au lecteur de s'instruire au fil des pages, et d'en apprendre notamment sur l'époque Edo (ancien nom pour Tôkyô), sur les ninja, les samurai & les geisha.

Mais l'auteur aborde également des thèmes plus récents, tels que les manga, les burakumin, la bombe atomique sur Hiroshima, les yakuza... 

Tout cela donne un recueil très intéressant (personnellement, j'ai appris un tas de choses) et très bien fait - on sent que l'auteur maîtrise ces sujets, pourtant vastes et variés. J'ai commencé par lire ceux qui m'intéressaient le plus, puis les autres qui se sont trouvés être tout aussi passionnants (j'ai bien aimé suivre Alexandre, jeune garçon qui part à contrecoeur s'installer au Japon avec ses parents, et que l'on retrouve dans 3 nouvelles). 

Plusieurs nouvelles, abordant des sujets graves, ne sont donc pas très joyeuses et se concluent souvent tragiquement, par la mort d'un ou plusieurs personnages ; les chutes sont finement amenées, de façon à ce que le lecteur comprenne vraiment la gravité des situations. 

J'ai donc beaucoup aimé ce recueil, intéressant et maîtrisé : en plus, pour aider le lecteur à comprendre certains mots, des notes explicatives se trouvent à la fin du livre.   


Made in Japan, de Viviane Moore, Rageot, 2008, 259 pages, 12 euros

Par tvless
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Mercredi 17 décembre 2008

L'histoire se déroule en Nouvelle-Angleterre, au 18ème siècle ; de nombreux pirates sillonnent alors les mers à la recherche de richesses et de gloire. Parmi eux un jeune mousse, Thomas Goodwill, et son maître Wild Stark ; ce dernier est connu, craint et recherché par l'Inquisition. Un jour, sans le vouloir, Thomas livre Wild à un puissant inquisiteur, qui le fait pendre sur-le-champ. Effondré, le jeune garçon s'enfuit alors en barque sur une mer déchaînée, et finit par s'échouer sur une petite île. Dix ans plus tard, il est retrouvé sur une plage vêtu d'une combinaison de plongée et d'un scaphandre et est recueilli par Edmund Dorchester, érudit élevant des dragons.

Seulement voilà : ces dix années, Thomas les a passées au Davy Jones Locker, ou le paradis sous-marin des pirates, et il a tout oublié de cet endroit. Il ne se souvient absolument pas de cette période, et personne ou presque n'en a été témoin.
Un jour, Dorchester est arrêté par les soldats de l'Empereur, qui règne en tyran, et torturé pour avoir osé contester la Bible. Fou de rage, Thomas promet de le sortir de prison ; il prend la tête d'un équipage de pirates et parcourt les mers, inlassablement, cherchant en vain un moyen de vaincre l'Empereur...

J'ai bien aimé ce roman, malgré un schéma très classique : un méchant très méchant, une belle jeune fille courageuse (je n'en ai pas parlé, mais je ne vais pas non plus tout vous dire, hein ^.^), un héros extrêmement chanceux...

Mais bon, y'a quand même des morts (chouette !) et pas que des sales méchants. Et puis, j'aime pas mal les histoires de pirates, au moins ce ne sont pas de gentils héros bien propres - bon, pas non plus des brutes épaisses, mais entre les deux.
Bref, un livre sympathique et facile à lire
  :)

Par tvless
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Samedi 29 novembre 2008

Adam Grey est un adolescent anglais comme les autres, avec une vie normale et presque pas de problèmes ; le jour où sa soeur Charlie disparaît à Tokyo, il décide de partir à sa recherche : ses parents sont trop effondrés pour faire quoi que ce soit, et la police n'obtient pas beaucoup de résultats. Déçu et fâché par ce manque d'activité, il s'envole pour le Japon, bien décidé à comprendre ce qui s'est passé. 

Il devra donc se débrouiller seul dans l'immense capitale, ne parlant pas la langue, ne connaissant absolument rien ni personne, risquant à tout moment de se perdre à son tour...

 

 

Commençons par les points positifs : Adam se retrouve au coeur d'un pays dont la culture et les traditions lui sont complètement inconnues ; il apprend donc des tas de choses pendant son voyage, et le lecteur aussi par la même occasion. L'auteur semble parfaitement maîtriser la culture, et nous transmet son amour pour le pays en vantant ses nombreux mérites (la gentillesse naturelle des Japonais, leur esprit pratique, ainsi que les diverses coutumes).

A travers son personnage, l'auteur décrit ses propres expériences (les Japonais accros au téléphone, d'autres arborant toutes sortes de looks, les fameux "hôtels capsules", les distributeurs omniprésents ...) : tout cela est très intéressant et instructif.

 

Malheureusement, l'intrigue est assez faible ; l'auteur semble avoir inventé un scénario à la va-vite, lui permettant surtout de décrire le pays et ses habitudes. Adam ne sait bien sûr pas où se trouve sa soeur, n'a presque aucun indice ; avec un début d'enquête aussi flou, on pourrait s'attendre à une résolution dramatique, bonne ou mauvaise, mais à une vraie résolution !! Car la fin est ultra-décevante ; cette histoire de prétendus yakuzas ne tient absolument pas la route, et on termine le livre déçu par cette conclusion bâclée.

 

Dommage...

 

 

Tokyo - perdus dans la grande ville de Graham Marks, Albin Michel, Wiz Suspense, 2007, 13 € 50

 

 

 

 

 

 

Par tvless
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Lundi 24 novembre 2008

C'est parce que j'avais adoré la précédente série Entre chiens et loups de Malorie Blackman que j'ai voulu lire La couleur de la peur ; j'imaginais une histoire un peu dans le même genre, mais non.

Il s'agit là de plusieurs histoires (des rêves en fait), racontées par un jeune garçon : alors que Kyle fait une sortie avec sa classe, le train dans lequel il se trouve déraille et se retrouve suspendu dans le vide. Le garçon n'est pas blessé, mais on ne peut pas en dire autant de ses camarades : certains sont mal en point, ou ne bougent même plus du tout. Kyle va alors découvrir qu'il est capable d'entrer dans leurs cauchemars, tous plus effrayants les uns que les autres, mais qui lui permettront d'en apprendre plus sur chacun...

 

J'ai beaucoup aimé tous ces cauchemars, certains angoissants, d'autres mystérieux ou palpitants, mais toujours très bien trouvés ; les idées sont chaque fois intéressantes, parfois dérangeantes. On trouve du fantastique ça et là (le Diable, Méduse), mais les cauchemars les plus effrayants sont ceux "réalistes" ou ceux "probables" (comme celui de Steve, le soldat) ; certains laissent même une impression de malaise (celui de Lily et ses petits-enfants).

 

J'ai en revanche moins accroché à l'histoire du héros lui-même, qui a bien sûr des problèmes lui aussi : ses ennuis de famille ne sont pas tellement intéressants. Entre chaque cauchemar, Kyle revient dans le monde réél, et se retrouve dans le train où tout n'est pas gai non plus.

 

Pour conclure, La couleur de la peur est un bon livre qui se lit (trop) vite, et qui permet de constater une fois de plus le talent de Malorie Blackman.

 

 

La couleur de la peur de Malorie Blackman, Macadam Milan, 2008, 10,50 €

 

 

Par tvless
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