Livres

Lundi 31 août 2009

Toutes les histoires racontées dans ce recueil par Makoto, un jeune homme débrouillard qui connaît bien Tôkyô, ont pour cadre le quartier très agité d’Ikebukuro. Ici, se côtoient dealers, prostituées, yakuza. Et puis il y a les G-boys, groupes constitués de gamins comme d’adultes, dont le « roi », Takashi Andô, est ami avec Makoto.

Dans la première histoire, Rika, une amie du héros, est retrouvée étranglée ; il se charge, avec le reste de sa bande, de chercher le coupable afin de la venger. On fait dès lors appel à lui pour toutes sortes de situations : kidnappings, rivalités sanglantes, affaires de drogues…
Il connaît le quartier comme sa poche, a des contacts un peu partout, ce qui lui facilite évidemment la tâche et lui permet d’agir rapidement.

 

 

La deuxième histoire met en scène les Hazawa, des yakuza qui chargent Makoto de retrouver Princesse, la fille de leur chef. C’est une tâche délicate, dangereuse, qu’il se doit de réussir ; encore une fois, son esprit astucieux lui permettra de mener (presque) à bien sa mission.    


Quand il n’est pas à courir les rues à droite-à gauche, Makoto tient un petit magasin de fruits avec sa mère, ou encore écoute de la musique classique pour se relaxer. C’est un garçon ordinaire,  et pourtant sa ruse est presque légendaire, et il jouit d’une excellente réputation dans le quartier ; le personnage est intéressant, sympathique, on se laisse sans difficultés porter d’une histoire à une autre, et ce malgré les difficultés d’écriture de Makoto.
Car l’écriture n’est décidément pas son fort, mais il fait de son mieux pour raconter de la manière la plus fluide possible ; il utilise un langage familier, a du mal à faire de longues phrases bien construites, mais ses maladresses et sa franchise aident justement à se sentir plus proche de lui et à mieux le comprendre.


Certaines histoires sont assez violentes ou explicites, et cela accentue l’atmosphère de danger qui se dégage de ce quartier, et de fait de l’ensemble de l’œuvre ; mais cela ne m'a pas dérangée, puisque cela correspond apparemment bien à l'ambiance là-bas. 


Ikebukuro West Gate Park d'Ishida Ira, Editions Philippe Picquier, 2005, 
317 pages

 

Par tvless
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Mercredi 19 août 2009

C’est l’histoire de Mikage, jeune femme de vingt ans, qui vit seule dans un appartement après la mort de sa grand-mère. Elle n’a pas d’autre famille, et personne avec qui partager sa passion : les cuisines. En effet, Mikage adore toutes les sortes de cuisines, les anciennes comme les modernes, les plus mal entretenues comme les plus propres ; elle préfère d’ailleurs dormir dans sa cuisine que dans sa chambre.


Un jour, elle rencontre Yûichi Tanabe, un garçon de son âge que sa grand-mère connaissait un peu ; Yûichi l’invite à emménager chez lui, ce que Mikage accepte malgré son sentiment d’être un poids pour lui. Elle s’installe donc chez Yûichi, qui vit avec sa mère, Eriko, qui est en fait son père ; Mikage l’apprécie instantanément, et Eriko l’accueille à bras ouverts, ne tardant pas à la considérer comme sa fille. Chez les Tanabe, Mikage peut cuisiner autant qu’elle veut dans leur superbe cuisine, s’entraîner et préparer les meilleurs plats. Tout semble aller pour le mieux, jusqu’à ce terrible incident qui mettra fin à leur petite vie tranquille…

 

Ce court roman renferme beaucoup de surprises ; c’est un texte modeste, mais parfaitement maîtrisé et agréable à lire, grâce à la fluidité d’écriture de l’auteur. Je ne peux pas dire que la cuisine me passionne, mais j’ai suivi très volontiers l’héroïne dans ses périples culinaires, de même que dans sa vie en général, sa vie un peu embrouillée et étrange. Elle est la narratrice, et raconte des passages personnels de son existence, ses sentiments envers Yûichi et Eriko, sa solitude parfois insupportable.
Par moments j’ai eu du mal à comprendre son attitude, notamment quand elle fait des kilomètres en taxi, la nuit, rien que pour apporter à Yûichi un plat qu’elle a trouvé délicieux ; elle agit sur des coups de tête, sans prendre vraiment le temps de réfléchir et d’attendre le bon moment. Elle craint certainement de perdre ou de rater quelque chose ou quelqu’un, si elle n’agit pas rapidement, et cela lui confère une image de « stressée ».  


J’ai beaucoup apprécié Kitchen et son ambiance sombre et sensible en même temps, son mélange de tragique et de légèreté. De plus, on apprend pas mal de choses, notamment sur certains plats japonais (pour quelques-uns, je n’en avais jamais entendu parler) ; assurément une belle découverte !

 

Kitchen est suivi d’un court récit, intitulé Moonlight Shadow, que j’ai lu aussi et qui m’a profondément touchée. Il met en scène Satsuki, une jeune femme qui perd son petit ami, Hitoshi, dans un accident de voiture. Il est évidemment très dur pour elle de s’en remettre, et ce malgré l’aide de ses amis, notamment Hiiragi, le frère d’Hitoshi, qui a lui aussi perdu sa petite amie dans le même accident. Elle rencontre ensuite Urara, une fille un peu bizarre qui devient son amie, et tente elle aussi de lui faire remonter la pente.


Cette histoire est un condensé de tristesse du début à la fin ; c’est très romantique et douloureux, on ressent la souffrance de Satsuki au fil des pages. Sa peine est telle que l’on ne peut qu’être triste avec elle, et à mon avis il est impossible de rester insensible, à moins d’avoir un cœur en pierre. En tout cas moi, j’avais les larmes aux yeux, alors si vous cherchez une petite histoire triste, je vous conseille celle-ci.

 

Kitchen de Banana Yoshimoto, Gallimard, 149 pages, 1994

Par tvless
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Jeudi 13 août 2009

« Alors que j’étais maigre, long, plat, Shomintsu s’exclamait en passant devant moi :           
 - Je vois un gros en toi. 
Exaspérant ! De face, j’avais l’air d’une peau de hareng séchée sur du bois d’allumette ; de profil… on ne pouvait pas me voir de profil, je n’avais été conçu qu’en deux dimensions, pas en trois ; tel un dessin, je manquais de relief. »


Jun, un adolescent qui vit seul dans Tôkyô, sans maison, sans famille et qui tente de survivre en vendant des objets inutiles, croise un jour Shomintsu, un professeur de sumo. Celui-ci lui assure qu’il « voit le gros en lui », malgré la maigreur du garçon, et souhaite le voir rejoindre l’école qu’il dirige. Mais Jun n’éprouve que du mépris envers les sumotoris parmi lesquels il ne discerne que « des malades, des infirmes en surpoids, des obèses qu’on devait d’urgence interner en clinique » ; malgré cela, et après quelques réticences, il accepte d’assister à un tournoi de sumo, auquel Shomintsu l’a invité. C’est ainsi qu’il se découvre une vocation pour ce sport si particulier et plus compliqué qu’il n’y paraît, puis qu’il intègre l’école de son nouveau professeur.

Mais pour réussir, il se doit de faire énormément d’efforts ; sa volonté étant parfois trop fragile, Shomintsu lui vient en aide et le conseille. Jun commence donc à s’entraîner, et surtout à ingurgiter des quantités astronomiques de nourriture, pour espérer prendre du poids, et ainsi pouvoir participer à de vrais tournois.

 

Avant d’entamer la lecture de ce livre, je ne connaissais pratiquement rien sur le sumo ; je n’avais d’ailleurs presque jamais regardé de combat. Après avoir terminé, j’en savais bien sûr un peu plus, mais pas énormément. Le thème principal est évidemment le sumo, mais les 102 pages ne laissent que peu de place aux termes techniques et aux explications, et le roman ne se transforme pas en encyclopédie ; je n’attendais justement qu’un abord superficiel du sport en lui-même et de sa pratique, et c’est le cas ici.
L’auteur accorde une grande partie du roman à décrire la psychologie de son personnage principal, qui se cherche et a du mal à s’accepter ; c’est précisément ce qui est intéressant, cet adolescent dégoûté de la vie, qui n’a presque plus rien ni personne à qui se raccrocher. Il n’est pas difficile de le comprendre, et de saisir sa révolte légitime, son esprit rebelle et presque complètement fermé. Il a énormément de mal à s’ouvrir au monde et à aller vers les autres, ce qui peut le rendre antipathique, ou vulnérable, et c’est ce genre de personnage que j’apprécie.        


Si le thème ne m’attirait pas particulièrement au départ, au final je me suis laissée prendre par l’histoire de Jun et par cet étrange sport qu’est le sumo, qui recèle bien des difficultés et des surprises.

 

Le sumo qui ne pouvait pas grossir d’Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 102 pages, 2009

Par tvless
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Mercredi 8 juillet 2009

Danny Cartwright est innocent. Tout le monde le sait. Alors pourquoi est-il accusé du meurtre de Bernie, son meilleur ami et futur beau-frère ? Personne ou presque ne croit à sa culpabilité, et pourtant, pourtant, il sera condamné à vingt-deux ans de prison.
Le soir du meurtre, il se trouvait en compagnie de sa fiancée Beth, la propre soeur de Bernie, et la première à le déclarer innoncent. Elle affirme que Danny n'a pas tué son ami, et ce malgré les preuves et les "témoins" ; ces derniers sont au nombre de quatre, et assurent avoir vu le jeune homme commettre le crime.
Spencer Craig, un brillant avocat, Lawrence Davenport, acteur de soaps operas très apprécié, Toby Mortimer et Gerald Payne sont ces quatre prétendus témoins prêts à tout pour envoyer Danny derrière les barreaux et faire en sorte qu'il y reste. Et la justice leur donne raison, les laisse partir et envoie Danny croupir dans la prison bien gardée de Belmarsh.

Danny n'est qu'un simple garagiste de l'East End, ne sachant ni lire ni écrire, et il n'a jamais fait de mal à personne. Mais il ne compte pas baisser les bras aussi vite ; avec l'aide de son avocat, Alex Redmayne, de sa fiancée et même de ses compagnons prisonniers, il est prêt à tout pour prouver son innocence, afin de se venger des véritables assassins de son meilleur ami.



Inutile de le nier, ce livre m'a tenue en haleine de bout en bout. Du procès jusqu'à la toute fin, je l'ai trouvé extrêmement bien ficelé, malgré quelques incohérences et facilités ; le suspense est bien là, le personnage de Danny n'agit heureusement pas trop vite (dans le cas contraire, j'aurais certainement été déçue) et évolue de façon cohérente.
Je vous rassure, l'intégralité du roman ne se déroule pas dans la prison ; un procès a bien évidemment lieu, palpitant, très bien mené. Les arguments avancés, les techniques de défense, tout cela est maîtrisé et réfléchi, que ce soit du côté de l'avocat de la Couronne ou des avocats de Danny ; ce dernier bénéficie en effet du soutien de plusieurs hommes brillants (Alex Redmayne et le père de celui-ci, éminent juge très respecté).
J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le personnage d'Alex, très jeune avocat qui fait ses premiers pas dans le métier, mais qui a apparemment et heureusement reçu pas mal de gènes de son père ; j'étais donc un peu déçue qu'il soit absent durant une grande partie du livre. 

Malgré l'épaisseur du roman, je n'ai pas trouvé tellement de longueurs dans l'histoire ; les personnages prennent leur temps, gagnent souvent en maturité et sont patients. Danny attend le moment où il pourra se venger, mais l'auteur ne le fait pas aller trop vite, et ne laisse ainsi pas de sensation de bâclé. J'ai apprécié cette attente pleine de suspense, le long et dangereux chemin choisi par le héros pour préparer sa revanche : il n'hésite pas à prendre des risques, et à faire des sacrifices. 


Je n'étais pas sûre de moi en le choisissant sur Babelio, eh bien au final je suis ravie... Je vous jure que ça donne envie de faire avocat  ^_^  .


Seul contre tous, de Jeffrey Archer, Editions First, First Thriller, 572 pages, 2009



                                                                                                                                    

Par tvless
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Samedi 20 juin 2009

« La figure de Jack l’Eventreur est absolument légendaire. Nul ne l’a jamais vu, ou plutôt les personnes qui l’ont vu n’ont jamais pu le décrire car on n’a retrouvé que leurs corps, horriblement mutilés. Il a pu commettre en plein Londres onze crimes du 1er décembre 1887, date à laquelle on retrouvait à Whitechapel le cadavre horriblement mutilé d’une femme inconnue, jusqu’au 10 septembre 1889 où, sous la voûte d’un pont de chemin de fer on retrouvait le dernier cadavre de cette tragique série – un corps de femme, la tête séparée du tronc, les deux jambes absentes, l’estomac et le ventre perforés – sans être jamais vu, sans être jamais inquiété ». 

Ainsi commence le premier article d’une série de neuf, écrite par Robert Desnos, et publiée par le journal Paris-Matinal du 29 janvier au 7 février 1928. Ces textes didactiques avaient pour but de faire connaître avec précision au public les meurtres du plus grand assassin anglais du 19ème siècle, Jack The Ripper. Chaque victime retrouvée est décrite en détails, analysée, et pour chacune l’auteur propose un scénario probable, juste avant leur mort ; ce n’est pas une enquête policière, puisqu’ici il s’agit plus des victimes que de la véritable identité du tueur en série. A la fin en revanche, Desnos raconte une entrevue qu’il a pu avoir avec l’un des prétendus anciens amis de Jack ; celui-ci ne révèle pas son nom, mais explique les raisons qui l’auraient poussé à tuer aussi sauvagement des personnes innocentes.

Tout au long de ce court livre (60 pages), le lecteur découvre ces pauvres victimes, presque toutes assassinées de la même manière : gorge tranchée, puis divers organes arrachés (certains disparus, ou mis en évidence à côté du cadavre). Il s’agit pour la plupart de prostituées tuées la nuit, ou même d’autres innocentes, en plein jour.

Quelles sont les raisons de ces agissements inhumains ? Que se passait-il dans la tête de cet homme ? Le livre apporte quelques hypothèses, grâce à cette rencontre évoquée plus haut, mais qui ne pourront bien sûr jamais être vérifiées.

C’est un recueil d’articles extrêmement intéressant qui nous est proposé là, ayant pour thème l’un des grands mystères du 19ème ; Jack l’Eventreur  est indéniablement un personnage maléfique et intriguant, une énigme qui ne sera certainement jamais résolue, au plus grand malheur des plus curieux…

 

Jack l’Eventreur de Robert Desnos, Editions Allia, 60 pages, 1997

Par tvless
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Dimanche 19 avril 2009

 C'est grâce à Chiffonnette que j'ai eu envie de lire ce recueil de poèmes ; de tankas, plus précisément. Et je ne regrette pas du tout, puisque comme elle, j'ai beaucoup aimé cette oeuvre assez singulière que nous offre Tawara Machi.

Le livre a eu énormément de succès (plus de 8 millions d'exemplaires vendus dans le monde), et le mérite ; tous ces poèmes sont touchants et personnels, puisque l'auteur s'est bien sûr inspirée de sa propre vie. Elle y évoque l'amour, ses voyages, le sport... Et malgré la forme pas forcément accessible des tankas, le lecteur la suit et vit avec elle les épisodes de sa vie quotidienne dans cette sorte de journal intime.

Même si le tanka est très ancien (un des genres les plus vieux au Japon), Tawara Machi le modernise avec brio, simplement, de façon très naturelle ; elle était totalement inconnue à la sortie de ce recueil, et n'avait donc pas le profil d'un grand écrivain. Mais malgré tout, elle est parvenue en quelques poèmes à s'imposer comme l'une des auteurs de tankas contemporains les plus brillants et intéressants.

J'ai été conquise par ce livre que j'ai du coup relu plusieurs fois ; et je trouve après relecture que les poèmes les plus longs, Matin d'août ou encore Match de base-ball, sont vraiment les meilleurs (elle a d'ailleurs reçu des prix pour ces deux-là).

Dans sa postface, elle décrit son propre recueil ainsi :
"Oeuvre originale + adaptation + tête d'affiche + mise en scène = Tawara Machi dans un spectacle one woman show".
Si elle le dit... :-)

L'avis de
Chiffonnette.


L'anniversaire de la salade de Tawara Machi, Editions Picquier, 2008, 112 pages

Par tvless
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Lundi 23 février 2009

 L'histoire se passe en 1867, dans le nord du Canada : dans le presque paisible village de Dove River, un trappeur d'origine française, Laurent Jammet, est retrouvé assasiné dans son lit. Cette tragédie bouleverse terriblement les villageois, qui s'empressent pour certains de faire leur propre enquête ; Mme Ross, par exemple, qui a découvert le corps et dont le fils a disparu, se lance à la recherche de celui-ci en tentant de se persuader qu'il n'a aucun rapport avec le meurtre.
D'un autre côté Donald Moody, de la Compagnie de la baie d'Hudson (Compagnie qui marchande des fourrures), est chargé de retrouver le meurtrier. Accompagné de son coéquipier Jacob, il cherche lui aussi des indices et des suspects, suivant des pistes, interrogeant les villageois tout en bravant le froid terrible.

D'autres personnages apparaissent au cours du récit, et le lecteur les suit tour à tour ; mais Mme Ross est la seule à parler directement et elle devient donc l'héroïne la plus intéressante de l'histoire. Le lecteur en sait assez peu sur elle au départ, puis elle raconte finalement des épisodes de sa vie, de son séjour en hôpital psychiatrique à l'adoption de Francis, son fils. Dès que ce dernier est apparu d'ailleurs, il m'a plutôt agacée par son comportement avec les autres, assez puéril ; puis, au fur et à mesure, j'ai été attendrie par son histoire et j'ai fini par regretter de l'avoir jugé aussi durement. Car sa situation est, je trouve, l'une des plus tristes du livre...

Bien sûr, le point fort du roman est avant tout les descriptions, très développées et précises, des paysages et de l'environnement du Grand Nord du Canada ; les personnages principaux sont tous amenés à pister d'autres personnages, et donc à affronter l'hiver rude du pays. Durant ces expéditions, chacun est confronté à des difficultés en tous genres qui permettront d'en apprendre plus sur la survie en milieux hostiles ; car même si les paysages sont magnifiques, les personnages eux se préoccupent plus du froid et de leurs pieds blessés.

J'ai beaucoup aimé ce roman, assez horrible par bien des côtés (je préfère ne pas trop en dire, pour ne rien gâcher) mais vraiment passionnant. Certains trouveront peut-être des longueurs, mais pour ma part je ne me suis pas ennuyée une seconde !

Merci donc à Babelio & à son opération Masse Critique !


Par tvless
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Mardi 18 novembre 2008

Ryûji est un brave marin plutôt solitaire, qui a pour seul amour la mer et les bateaux. Mais son métier l'ennuie de plus en plus, et bien qu'il soit peu habitué à la vie sur terre, sa rencontre avec une belle jeune femme le persuade de rester vivre avec elle.
Cette jeune femme, Fusako, est en fait veuve et vit avec son fils près de la mer ; elle travaille dans un magasin de vêtements européens et gagne plutôt bien sa vie.
Son fils de treize ans, Noboru, est passionné par les bateaux : l'arrivée de Ryûji va donc lui permettre d'en apprendre plus dans cette matière. Mais Noboru fait aussi partie d'une bande d'ados de son âge, tous persuadés d'être des génies et de pouvoir changer le monde. Et ces diaboliques enfants, décidant qu'à leurs yeux Ryûji n'est pas un héros, mais bien un être détestable et ridicule, vont élaborer un plan afin de "rendre au marin sa dignité".


Ce n'est pas du tout un livre comique, comme je l'ai d'abord cru ; bien au contraire, ces enfants sont absolument maléfiques et pas exactement drôles. Le lecteur suit par moments les réflexions de Noboru et du chef de bande sur le monde qui les entoure, et toutes sont assez dérangeantes ; sûrs de tout savoir, ils ont à leur âge une idée précise et immuable sur tout, et sont certains que leurs agissements ne sont en aucun cas mauvais.

Bon livre au final...

Le marin rejeté par la mer de Yukio Mishima, Gallimard, collection Folio, 183 pages

Par tvless
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Dimanche 12 octobre 2008

Londres, fin du 17ème siècle : Isaac Newton, le célèbre savant, est gardien de la Monnaie et chargé de démanteler un réseau de faux-monnayeurs au sein de la terrible Tour de Londres.

Christopher Ellis, jeune homme avide de connaissances, est envoyé à la Tour après s'être battu illégalement ; il entre alors au service de Newton en tant que secrétaire. Le jour où le corps de George Macey, le prédécesseur d'Ellis, est retrouvé au fond de la Tamise, les deux hommes se lancent dans une enquête longue et dangereuse, semée d'énigmes, de cadavres et d'alchimie...


Avant d'avoir ouvert le livre, j'imaginais une histoire plutôt ennuyeuse et compliquée ; même si le thème était intéressant, je voyais tout de suite des explications à n'en plus finir sur les différentes théories de Newton etc... Mais en fait, le point de vue est celui de Christopher Ellis, le secrétaire qui ne connaît quasiment rien à la physique ou aux mathématiques ; ce qui est beaucoup plus facile pour comprendre, que si le lecteur suivait les pensées et réflexions de Newton !
L'enquête en elle-même est intéressante et étrange, et l'on en suit toutes les étapes ; les indices, les mystérieuses mises en scène pour chacune des victimes...

Mais bien sûr, l'intérêt du livre est surtout que l'essentiel de l'action se passe dans la Tour de Londres ; on en apprend énormément sur l'histoire de cet endroit qu'on dit hanté par tous ceux qui y sont morts. Un plan au début du livre nous permet de nous y retrouver et de suivre précisément les personnages.



Le chiffre de l'alchimiste de Philip Kerr, éditions du masque, 361 pages, 8,50 €

Par tvless
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